samedi 24 octobre 2026

Anaïdeïa

notion de philosophie grecque (opposée à l' aïdos), clairement exposée par l'IA de Google : 

L'anaïdeïa (du grec ancien ἀναίδεια / anaídeia) désigne littéralement l'impudence, l'effronterie ou l'absence de pudeur. Ce concept revêt une importance particulière à la fois dans la mythologie, la justice et la philosophie de la Grèce antique.


1. Dans la mythologie grecque

L'Anaïdeïa est la personnification de l'impudence et du caractère impitoyable.

  • Attributs : Elle est souvent représentée sous les traits d'une perdrix (considérée comme un animal effronté à l'époque) et marche aux côtés de son compagnon Hybris (la démesure ou l'arrogance).
  • Opposés : Ses contreparties positives sont Aidôs (la pudeur et le respect) et Éléos (la miséricorde et la pitié).

2. Au tribunal de l'Aréopage à Athènes

Dans l'enceinte de l'Aréopage, le plus haut tribunal d'Athènes, se trouvaient deux pierres brutes et célèbres appelées le « tribunal de la rigueur » : 

  • La pierre d'Hybris (l'Outrage), sur laquelle s'asseyait l'accusé.
  • La pierre d'Anaïdeïa (l'Implacable ou l'Impudence), sur laquelle se tenait l'accusateur pour signifier qu'il réclamait une justice stricte et inflexible, sans faire preuve de pitié envers le prévenu.

3. Dans la philosophie cynique

Pour les philosophes cyniques (comme Diogène de Sinope), l'anaïdeïa devient une vertu provocatrice. Elle désigne le refus délibéré de se plier aux conventions sociales et aux fausses pudeurs humaines. C'est cette attitude d'irrévérence totale et de retour à la nature sauvage qui a valu aux cyniques d'être comparés à des chiens (kyôn en grec, racine du mot cynique).


4. Dans les textes bibliques

Le mot apparaît également une fois dans le Nouveau Testament (Luc 11:8). Dans ce contexte religieux, il est généralement traduit par l'importunité ou la persévérance audacieuse ; il qualifie l'attitude d'une personne qui insiste lourdement, sans honte et sans relâche, pour obtenir ce qu'elle demande.


dimanche 18 octobre 2026

Judrin (occident)

Judrin, Boussoles (1976) p. 71 :

"Le dix-neuvième siécle est inexcusable d’avoir pris la Science pour le Bon Dieu, et les faux pas de l’histoire pour un avancement. Ces apparences d’un progrès uniquement lié à l’art de la guerre et aux merveilles de l'extermination, cette philosophie du vide, au milieu des triomphes de la commodité, qui donc oserait les bénir sans crever de honte ? Cet Occident, si bien nourri, si bien abreuvé, chauffé, logé, lavé, voituré, soigné, éclairé, amusé, regorge d’enfants chagrins, de savants barbares, d’écoliers sauvages, de fous incurables, de suicides ignobles et de multitudes hébétées. Quel moyen de célébrer un monde qui aspire à détruire, et à se supprimer ?"