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dimanche 22 décembre 2024

Benjamin (œuvres)

Benjamin, Thèses sur la philosophie de l'histoire in Essais 2, éd. Gonthier p. 199 : 

"Tous ceux qui jusqu'ici ont remporté la victoire participent à ce cortège triomphal où les maîtres d'aujourd'hui marchent sur les corps des vaincus d'aujourd'hui. A ce cortège triomphal, comme ce fut toujours l'usage, appartient aussi le butin. Ce qu'on définit comme biens culturels. Quiconque professe le matérialisme historique ne les peut envisager que d'un regard plein de distance. Car, tous en bloc, dès qu'on songe à leur origine, comment ne pas frémir d'effroi ? Ils ne sont pas nés du seul effort des grands génies qui les créèrent, mais en même temps de l'anonyme corvée imposée aux contemporains de ces génies. Il n'est aucun document de culture qui ne soit aussi document de barbarie. Et la même barbarie qui les affecte, affecte tout aussi bien le processus de leur transmission de main en main.."


mardi 21 mai 2024

Benjamin (livres)

Benjamin, Images de pensée, in Œuvres, Livre de Poche t. III

[ réf. à vérifier et préciser ; cité en exergue de B. Munier : Quand Paris était un roman ]

" Aucune ville n’est liée aussi intimement au livre que Paris. […] La flânerie la plus achevée, par conséquent la plus heureuse, conduit ici encore vers le livre, et dans le livre. Car depuis des siècles, le lierre des feuilles savantes s’est attaché sur les quais de la Seine : Paris est la grande salle de lecture d’une bibliothèque que traverse la Seine."


dimanche 17 décembre 2023

Benjamin (traduction)

Benjamin, in Jean-Paul (Richter), La Vie de Fibel, préface, où les réflexions de Walter Benjamin (et de Pannwitz) sur la traduction sont résumées par Gaétan Picon et Claude Pichois à propos de la traduction de l'Énéide par Pierre Klossowski  

Picon : 

"En tant qu'entreprise littéraire, la traduction n'est justifiée que pour être l'animation, l'élargissement de la langue traductrice par la langue traduite – si bien que c'est au bénéfice de celle-là qu'elle s'opère, non au bénéfice de celle-ci (et pas davantage à celui du lecteur). Traduire n'est pas informer, refléter – mais ouvrir une langue en s'appuyant sur une autre. Benjamin cite ces mots remarquables d'un autre essayiste allemand, Rudolf Pannwitz : "Nos versions, même les meilleures, partent d'un faux principe : elles prétendent germaniser le sanscrit, le grec, l'anglais, au lieu de sanscritiser l'allemand, de l'helléniser, de l'angliciser." 

Pichois : 

"Germaniser la langue française, nous nous y sommes efforcés. Tendre la langue jusqu'à son point d'éclatement. Mais, malgré les exercices d'assouplissement auxquels la langue française a été soumise depuis près d'un siècle – on a rapproché la phrase de Proust de celle de Jean-Paul –, il n'en reste pas moins que sa structure demeure rigide."