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lundi 3 mars 2025

Bachelard (relations)

Bachelard, La Valeur inductive de la relativité p. 98 :

"La relativité s'est alors constituée comme un franc système de la relation. Faisant violence à des habitudes, peut-être à des lois, de la pensée, on s'est appliqué à saisir la relation indépendamment des termes reliés, à postuler des liaisons plutôt que des objets, à ne donner une signification aux membres d'une équation qu'en vertu de cette équation, prenant ainsi les objets comme d'étranges fonctions de la fonction qui les met en rapport."


lundi 7 mars 2022

Bachelard (pensée)

Bachelard, La dialectique de la durée, chap.IV : 

"Si l'on veut bien rentrer en soi-même, on aura vite l'impression d'un caractère bien spécifique apporté par la rapidité de la pensée discursive quand elle relie les étapes d'un raisonnement bien fait. Cette rapidité n'est pas une simple vitesse. Il s'y adjoint des caractères d'aisance, d'euphorie, d'élan, qui pourraient donner un sens très précis à une énergie vraiment spécifique qu'on pourrait bien appeler l'énergie rationnelle. Ce dynamisme de la compréhension réclame la conscience de la possession d'une forme. On ne l'éprouve pas dans le premier essai, on n'en voit pas le prix dans la première lumière. Il faut précisément que la causalité intellectuelle soit montée. Ce dynamisme est contemporain d'un recommencement. Il est alors structure et construction. C'est une cause qui sait reprendre après son effet. C'est un rythme. On s'en rend maître en préparant la succession des événements intellectuels, atteignant ainsi une véritable succession en soi, bien vidée des durées de déroulement et d'expression, délestée au possible de toutes les obligations physiologiques."



vendredi 27 août 2021

Bachelard (marines)

Bachelard, L'Eau et les rêves Livre de poche p. 37-38 : 

"Eugenio d'Ors veut prouver que les conditions d'air et de lumière sont des adjectifs qui ne peuvent nous faire connaître la véritable substance du paysage. Il veut, par exemple, qu'une marine offre 'une consistance architecturale' et il conclut : 'Une marine que l'on pourrait intervertir par exemple, serait un mauvais tableau***. Turner lui-même - si audacieux pourtant, dans les fantasmagories lumineuses - ne se risque jamais à peindre un paysage maritime réversible, c'est-à-dire dans lequel le ciel pourrait être pris pour l'eau et l'eau pour le ciel. Et si l'impressionniste Monet, dans la série équivoque des Nymphéas, a fait ainsi, on peut dire qu'il a trouvé sa pénitence dans le péché ; car jamais les Nymphéas de Monet n'ont été, ni ne seront tenus, dans l'histoire de l'art, pour un produit normal : plutôt pour un caprice, qui, s'il caresse un moment notre sensibilité, manque de tout titre à être accueilli dans les archives ennoblissantes de notre mémoire. Récréation d'un quart d'heure ; objet fongible situé d'ores et déjà dans le voisinage immédiat de ce qui est purement décoratif entre les réalisations de l'art industriel ; frère des arabesques, des tapisseries, des plats de Faenza ; choses, enfin, que l'on voit sans regarder, que l'on saisit sans penser et que l'on oublie sans remords." 


*** Bachelard ne ferme pas les guillemets de la citation ; il est vraisemblable qu'elle s'achève ici.