Affichage des articles dont le libellé est Merleau-Ponty. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Merleau-Ponty. Afficher tous les articles

dimanche 12 mai 2024

Merleau-Ponty (Descartes, peinture)

Merleau-Ponty, L'Œil et l'esprit III p. 43-44 :

"Il va de soi pour [Descartes] que la couleur est ornement, coloriage, que toute la puissance de la peinture repose sur celle du dessin, et celle du dessin sur le rapport réglé qui existe entre lui et l'espace en soi tel que l'enseigne la projection perspective. Le fameux mot de Pascal sur la frivolité de la peinture qui nous attache à des images dont l'original ne nous toucherait pas, c'est un mot cartésien. C'est pour Descartes une évidence qu'on ne peut peindre que des choses existantes, que leur existence est d'être étendues, et que le dessin rend possible la peinture en rendant possible la représentation de l'étendue. La peinture n'est alors qu'un artifice qui présente à nos yeux une projection semblable à celle que les choses y inscriraient et y inscrivent dans la perception commune, nous fait voir en l'absence de l'objet vrai comme on voit l'objet vrai dans la vie et notamment nous fait voir de l'espace là où il n'y en a pas."


samedi 15 avril 2023

Merleau-Ponty (peinture)

Merleau-Ponty, La Prose du monde, § Le langage indirect :

  "Si la peinture classique s’est donné pour but la représentation de la nature et de la nature humaine, reste que ces peintres étaient des peintres, et qu’aucune peinture valable n’a jamais consisté à représenter simplement. Malraux indique souvent que la conception moderne de la peinture, comme expression créatrice, a été une nouveauté pour le public beaucoup plus que pour les peintres eux-mêmes, qui l’ont toujours pratiquée, même s’ils n’en avaient pas conscience et n’en faisaient pas la théorie, qui, pour cette raison même, ont souvent anticipé la peinture que nous pratiquons, et restent les intercesseurs désignés de toute initiation à la peinture. Il faut donc penser que, les yeux fixés vers le monde et au moment même où ils croyaient lui demander le secret d’une représentation suffisante, ils opéraient à leur insu cette transformation ou cette métamorphose que la peinture dans la suite s’est expressément proposé comme but."



vendredi 8 avril 2022

Merleau-Ponty (Alain)

Merleau-Ponty, Entretiens avec G. Charbonnier, Verdier, 2016 :

"Il y avait chez Alain d’un côté une sagesse, qu’il enseignait comme il enseignait tout ce qu’il avait dans l’esprit, bien entendu. Cette sagesse, par exemple dans l’ordre pratique et politique, conduisait à des positions très définies, très arrêtées. Et il y avait d’autre part une sympathie entière, absolue, pour tout ce qu’on peut appeler la grande philosophie, y compris et au premier rang Hegel, y compris aussi Auguste Comte, qui était en apparence un esprit très opposé à Alain et qu’en réalité, Alain a fait connaître mieux que personne. De sorte que son influence est double : il y avait à la fois cette sorte d’éclair de jugement qui était toujours présent et qui portait sur les événements du jour aussi bien que sur le passé, et il y avait d’autre part toute cette grande tradition de culture qu’il représentait et qu’il livrait à ses élèves.

[...] Il y a un problème, qui est depuis toujours un problème philosophique, mais qui n’a paru sous une forme explicite qu’avec les phénoménologues et avec les existentialistes et qui est le problème d’autrui. Voilà un problème dont par exemple Bergson n’a que je sache jamais dit un mot, un problème dont Brunschvicg n’a jamais dit un mot. Pour Alain, ça serait beaucoup moins sûr. Alain est à certains égards beaucoup plus près des problèmes de situation que les deux autres philosophes que nous venons de nommer."



dimanche 6 septembre 2020

Merleau-Ponty (intégrations)

 

Merleau-Ponty,  La Structure du comportement, PUF, p 196 : 

« … Ni le psychique à l'égard du vital ni le spirituel à l'égard du psychique ne peuvent être traités comme des substances ou des mondes nouveaux. Le rapport de chaque ordre à l'ordre supérieur est celui du partiel au total. […] L'avénement des ordres supérieurs, dans la mesure où il s'accomplit, supprime comme autonomes les ordres inférieurs et donne aux démarches qui les constituent une signification nouvelle. C'est pourquoi nous avons parlé d'un ordre humain, plutôt que d'un ordre psychique ou spirituel […] Ces modes de comportements (vitaux) ne subsistent même pas tels quels dans l'homme. Réorganisés à leur tour dans des ensembles nouveaux, les comportements vitaux disparaissent comme tels. C'est ce que signifie par exemple la périodicité et la monotonie de la vie sexuelle chez les animaux, sa constance et ses variations [chez] l'homme. […] L'apparition de la raison et de l'esprit ne laisse pas intacte en lui une sphère des instincts fermée sur soi [...]. L'altération des fonctions supérieures atteint jusqu'au montages dits instinctifs et l'ablation des centres supérieurs entraîne la mort, alors que des animaux décérébrés peuvent tant bien que mal subsister. "Si l'homme avait les sens d'un animal, il n'aurait pas de raison." [Herder cité par Goldstein]. L'homme ne peut jamais être un animal : sa vie est toujours plus ou moins intégrée que celle d'un animal."