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samedi 11 juillet 2020

Goldoni (villégiature)


Goldoni, La Manie de la Villégiature [1756], Au lecteur, cité dans Théâtre, Garnier-Flammarion p. 191 : 
« Les plaisirs innocents de la campagne sont devenus aujourd’hui une véritable passion, une sorte de rage, un désordre. Virgile, Sannazaro et tant d’autres panégyristes de la vie champêtre ont rendu les hommes amoureux des retraites agréables et tranquilles, mais l’ambition a envahi les forêts ; les citadins emportent avec eux à la campagne toute la pompe et le tumulte des villes. Ils ont empoisonné les plaisirs des paysans et des bergers, lesquels apprennent à connaître la misère à cause de la vanité de leurs maîtres. »

L’Autore
A chi legge.
L’innocente divertimento della campagna è divenuto a’ dì nostri una passione, una manìa, un disordine. Virgilio, il Sannazzaro, e tanti altri panegiristi della vita campestre, hanno innamorato gli Uomini dell’amena tranquillità del ritiro; ma l’ambizione ha penetrato nelle foreste: i villeggianti portano seco loro in campagna la pompa ed il tumulto delle Città, ed hanno avvelenato il piacere dei villici e dei pastori, i quali dalla superbia de’ loro padroni apprendono la loro miseria. 

dimanche 14 juin 2020

Goldoni (entremetteuse)

Goldoni, Mémoires, I, XIX : 


[Le Goldoni de vingt ans veut, avec l’aide de la supérieure du couvent, épouser une belle pensionnaire ; mais la supérieure lui annonce au contraire le mariage de la jeune fille avec son tuteur]


« — Paix, paix, s'écrie-t-elle ; écoutez-moi : ce mariage-là est mon ouvrage, c'est d’après mes réflexions que je l'ai secondé, et c'est pour vous que je lai sollicité. 

— Pour moi ? dis-je. 

— Oui. Paix, dit-elle, et vous allez voir la marche d'une femme droite, et qui vous est attachée. Êtes-vous, continua-t-elle, en état de vous marier ? Non, pour cent raisons. La demoiselle aurait-elle attendu votre commodité ? Non, elle n'en était pas la maîtresse, il fallait la marier ; un jeune homme l'aurait épousée, vous l'auriez perdue pour toujours. Elle se marie à un vieillard, à un homme valétudinaire, qui ne peut pas vivre longtemps, et quoique je ne connaisse pas les agrémens et les désagrémens du mariage, je sais qu'une jeune femme doit abréger les jours d'un vieux mari ; vous aurez une jolie veuve, qui n'aura eu de femme que le nom ; soyez tranquille là-dessus : elle aura été avantagée, elle sera encore plus riche qu'elle ne l’est actuellement ; en attendant vous ferez votre chemin. Ne craignez rien sur son compte ; non, mon cher ami, ne craignez rien ; elle vivra dans le monde avec son barbon, mais je veillerai sur sa conduite. Oui, oui, elle est à vous, je vous la garantis, je vous en donne ma parole d'honneur. »