mardi 31 mars 2026

Montherlant + Descartes (engagements)

Montherlant, Sur les Femmes, Le ménage de Tolstoï, p. 32-33 : "Si nous appelons homme supérieur celui qui cherche la vérité, qui ne sait d’où elle viendra, ni ce qu’elle sera, ni en conséquence ce qu’elle exigera de lui, ni s’il ne devra pas, plus tard, la reviser au profit d’une autre vérité et passer ici-bas en perpétuel ennemi de soi-même et de tout ce qui l’aura captivé tour à tour, le premier devoir d’un tel homme est de se garder libre pour son bouleversement. 

Lié par une femme légitime, des enfants dito, il leur devra son amour, sa fidélité, sa respectabilité, l’aisancematérielle, des «relations» pour assurer leur avenir. Et si la vérité qui viendra lui demande de tout quitter pour la suivre ? — de se déconsidérer selon le monde ? — de ne pas gagner d’argent ? — de rompre tous liens avec la société ?— d’avoir la vie sexuelle la plus propice à sa liberté d’esprit ? — d’être un scandale, enfin ?"


Decartes, Discours III : 

"Je mettais entre les excès toutes les promesses par lesquelles on retranche quelque chose de sa liberté ; non que je désapprouvasse les lois, qui, pour remédier à l'inconstance des esprits faibles, permettent, lorsqu'on a quelque bon dessein, ou même, pour la sûreté du commerce, quelque dessein qui n'est qu'indifférent, qu'on fasse des voeux ou des contrats qui obligent à y persévérer : mais à cause que je ne voyais au monde aucune chose qui demeurât toujours en même état, et que, pour mon particulier, je me promettais de perfectionner de plus en plus mes jugements, et non point de les rendre pires, j'eusse pensé commettre une grande faute contre le bon sens, si, pour ce que j'approuvais alors quelque chose, je me fusse obligé de la prendre pour bonne encore après, lorsqu'elle aurait peut-être cessé de l'être, ou que j'aurais cessé de l'estimer telle."