lundi 26 janvier 2026

Barré + Rebatet (Malraux)

Barré, Jean-Luc : De Gaulle, une vie t. 2 : Le premier des Français, 1944-1958 § 15 : La guerre d'usure :

"Le 17 [avril 1948], à cette séance studieuse et fraternelle, succède la grande célébration gaullienne, cérémonial grandiose et flamboyant mis en scène par un André Malraux survolté. Le chantre attitré du rédempteur de la patrie intervient en première partie du spectacle. Dans une salle surmontée d’une gigantesque croix de Lorraine, au milieu des banderoles et des oriflammes, l’orateur vedette et propagandiste en chef du Rassemblement alterne incantations et imprécations, harangues et envolées mystiques, sur un mode haletant et prophétique de prêcheur de croisade ou de tribun de la Convention, mi-saint Bernard, mi-Saint-Just. Mèche sur le front, poing tendu, voix en transe, Malraux est là pour électriser la masse de ses « camarades », comme il appelle ses compagnons en souvenir d’autres combats."


Rebatet, Les Décombres chap. 2 :

"[...] tel homme qui avait eu du talent et qu’on reconnaissait avec un étrange dégoût dans ces chienlits. N'y manquait jamais, avec sa figure de maniaque sexuel dévorée de tics, le sieur André Malraux, espèce de sous-Barrès bolcheviste, rigoureusement illisible, et qui soulevait pourtant l'admiration à Saint-Germain-des-Prés, même chez les jeunes gogos de droite, grâce à un certain éréthisme du vocabulaire et une façon hermétique de raconter des faits-divers chinois effilochés dans un bouillon d'adjectifs."